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Manset nous guide vers ce qui est Manset, reprend ses parutions et les affine. Et les reprendre, ce sera les éclairer, les révéler, les rehausser, les arracher aux livres d’histoire pour les rendre au tumulte, les restituer à l’immédiat et aux consciences. 
      Donc les incontournables : Comme un guerrier, Entrer dans le rêve, Il voyage en solitaire, Celui qui marche devant, Matrice… Ne pas vouloir seulement les remplacer ni substituer de vraies batteries à quelques boîtes à rythmes, débarbouiller un arrangement, glisser quelques mots neufs.
      Il a invité Mark Lanegan (ex-Queens of the Stone Age) à chanter avec lui, Axel Bauer à jouer certaines guitares, dEUS à se réinsuffler dans Animal on est mal… Lui-même s’est ingénié à se surprendre. Ainsi, il a repêché un non reconnaissable playback pour y re-graver Manteau jaune - donné quelques années plus tôt à Raphael, présent dans cet album pour y chanter Toutes choses.
       Puis Manset s’est gardé, seul, sa guitare sèche en main, de l’éloquence et de la lumière dans justement Lumière, qui symbolise peut-être le regret de ne pas avoir connu la scène.

       Le temps éclaire différemment toutes ces chansons anciennes, fait éclater une poésie aventureuse et rock dans un pays qui se refusait, en ces temps-là, à voir le monde.
Le président Georges Pompidou, durant ses conférences de presse, citait du Paul Éluard. Que proposait Manset ? Si l’on aimait l’envol ou la distance, on le suivait ; sans cela, l’oreille au hit parade, on restait là, piéton des variétés.
       Que ses domaines ont été vastes ! Enki Bilal a quelquefois tenté de les dessiner.
Le photographe Manset a lui aussi passé son temps et fatigué ses déclencheurs à les saisir. C’est cela qu’il chante : le sort qui nous est fait, habitants d’une planète toujours plus épuisée. Il nous dit la splendeur et la solennité dans la simplicité et dans l’émerveillement, dans la sincérité. Tout cela tient à la fois de la divination et du récit, avec le classicisme intemporel qu’est la contemplation du désespoir.
      Un oiseau s’est posé.
      Le réalisme cru autant que le rêve irrépressible d’un voyage fascinant, peut-être même dangereux. Bien heureusement, l’ombre bleutée nous accompagne, celle de l’album qu’il a voulu ainsi, en transparence et en pastel.

     Bertrand Dicale 

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